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Présentation
La science psychiatrique ne peut se résumer à une taxinomie diagnostique, une classification des faits positifs ou négatifs, un codage par items sensibles ou spécifiques. La psychose met en question la relation interindividuelle et l’organisation du collectif. Dans la logique de l’analyse institutionnelle, une Association Culturelle a pour mission de soutenir, développer, encourager de manière constante la recherche et la critique de l’appareil de soins. Présente en chacun de nous cette pulsion d’inertie, qui diffuse au sein des groupes de manière déconcertante et qui au contact de la psychose fond dans l’ambiance et englue la capacité de penser, répond en symétrie chez les soignants aux différentes attaques et mécaniques identificatoires psychotiques. Réfléchir, penser nos actes, remettre en question nos certitudes, douter et partager nos idées, s’enrichir de la pensée d’autrui est une chose difficile. Et cela est particulièrement sensible dans notre travail thérapeutique auprès de patients psychotiques. Comme le Club, l’Association Culturelle est un dispositif anti-asilaire, anti-schizophrénique, il soutient la solidarité, remet en place la toute puissance, réorganise les rapports humains en imprimant de la remise à distance. Le travail de réflexion permet la création d’un arrière-plan psychique sur lequel patients et soignants viennent s’appuyer pour soutenir la psychothérapie, c’est-à-dire, l’édification d’un tenant lieu de solitude et d’altérité. Soutenir la pensée d’un collectif et penser la pensée du collectif est une contrainte éthique que nous devons nous imposer. L’A.C. comme dispositif d’acculturation et d’engagement dans le transfert, d’élaboration du clivage défensif que toute institution reproduit : cols blancs, cols bleus, clivage somato-psychique, médecin infirmier, haut bas, verrouillages multiples et obstacle à l’interpénétration du corps et de la pensée, de la participation transversale, donc empêchement du transfert. Le transfert dissocié, le Moi psychotique ne peut se déposer dans un seul contenant, il ne sait pas se réunir d’un coup, entier, face à lui-même. Une telle réunion, qui serait probablement vécue comme quelque chose de massif, provoquerait un effondrement sur lui-même, une implosion, une inversion de surface, une autophagie. Il s’agit donc d’accueillir ce Moi dissocié en multipliant artificiellement et librement dans l’institution, les espaces potentiels, au gré de l’ambiance. Rapports non plus frontaux mais transversaux, entre les lignes. Il ne s’agit plus " d’avoir raison ". | ||||||||